| La sophrologie dans un foyer de femmes ... suite ! |
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| Vendredi, 03 Décembre 2010 16:34 | |||
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Emmanuelle GOUTX, sophrologue, nous fait partager un moment intense de ce merveilleux travail bénévole qu'elle fait depuis plusieurs mois dans le foyer RIVE. Voici l'exemple d'une de ses séances où la sophrologie tient toujours sa très belle place, mais aussi et surtout l'écoute du coeur qui ouvre toutes les portes, et sans laquelle on ne peut rien, ou si peu ! Nous suivrons le parcours d'Emmanuelle chez RIVE au fil du temps ... Rendez-vous dans un mois.
Séance à RIVE, 2 décembre 2010 Aujourd’hui, le temps est neigeux et froid. Plusieurs tours de quartier avant de trouver une place. C’est avec plaisir que je passe la porte de l’association. Une accueillante m’invite à entrer puis je salue Aurélie, la directrice de RIVE. Nous échangeons quelques nouvelles avant de rejoindre les Femmes qui prennent leur petit déjeuner avec les accueillantes bénévoles. Nous nous saluons toutes et Aurélie me présente simplement : « Voici Emmanuelle. Elle vous propose de faire une séance de sophrologie aujourd’hui, çà vous dit ? » Les femmes me dévisagent, se demandant bien ce que çà peut être la SOPHROLOGIE. Elles semblent un peu méfiantes. Les accueillantes poursuivent en les invitant à essayer : « çà ne vous engage à rien …ce n’est pas une obligation ». Pour les mettre en confiance, j’explique simplement que la sophrologie peut leur permettre de se détendre, de se relaxer, de prendre un instant pour elles, loin des soucis quotidiens. « Ah…se relaxer…relaxation…çà fait moins peur ». Les langues se délient. « c’est chouette de pouvoir faire de la sophrologie… »- dit une accueillante. « j’ai essayé…çà fait du bien »- dit une autre (elle a suivi une séance que j’ai faite à l’équipe de RIVE). Après tous ces encouragements, une des Femme réagit : «je fais du sport…çà me va bien…çà ne m’intéresse pas d’essayer… ». Aurélie lui répond : « tu n’as jamais fait de yoga à RIVE ? » La Femme répond par la négative. Nous sommes dans le cœur du sujet, une discussion s’amorce sur la sophrologie. Je précise que le yoga est une religion et qu’étant Chrétienne, je n’enseignerai pas le yoga : la sophrologie, c’est différent du yoga (au sens etymologique). J’explique que la sophrologie n’est pas une religion…que c’est un ensemble d’exercices physiques, respiratoires et statiques dont la pratique est compatible de sa foi. L’une d’entre elle remarque mes médailles de Marie, autour du cou. Elle me demande : « vous êtes catholique ? » Je réponds : « OUI ». J’entends quelques réactions côté Accueillantes : des freins lorsque Dieu arrive au cœur des conversations ? Dans une ambiance bon-enfant, Aurélie titille « ses Femmes » sur le fait qu’elles s’en remettent souvent à Dieu dans leur vie. Nous échangeons sur le miracle de la vie, car l’une d’elles est enceinte, puis quelques unes me disent « oui, je veux essayer ». Une des femmes souffre beaucoup du dos ; je l’aide à se lever et nous voilà parties pour la grande aventure. La séance elle-même : Nous sommes quatre. La jeune Femme enceinte nous rejoint une dizaine de minutes plus tard. Je les invite à me parler de leur respiration. Difficile de rester dans le présent. L’une d’elles parle du sport qu’elle pratique tous les jours. Les visages sont sérieux. Les sourires ne sont pas encore là. La Femme qui a mal au dos s’allonge. Je les interpelle à nouveau : « et vous comment vous respirez ? Votre ventre se gonfle ou se dégonfle quand vous prenez de l’air ?... ». Là une femme ouvre sa ceinture et laisse paraître son ventre. Elle essaye de sentir ce qui se passe. Une autre femme la regarde. Elle laisse apparaître son ventre également. Une discussion se met en place autours de la taille des ventres de chacune et des enfants qu’elles ont fait naître. Puis nous commençons par faire un pompage des épaules. Je leur explique que finalement cet exercice n’est rien de plus qu’un mouvement mais avec lequel on va mettre sa respiration en rythme. Je ne parle pas encore de sensations. Je dois utiliser un vocabulaire simple car les Femmes ne parlent et ne comprennent pas toutes bien le français. Je leur demande juste si c’est plus tendu ou moins tendu après l’exercice. La jeune femme enceinte nous rejoint. Elle demande si elle peut enlever les chaussures. Je lui réponds que c’est au choix. Puis je décide d’enlever les miennes. Par chance, ma fille m’a prêté des chaussettes « arc-en-ciel » qui ressemblent à des gants en laine pour pied. Cela déclanche l’hilarité générale après une phase d’étonnement. Que de tensions évacuées ! (Merci Maéva pour ces chaussettes !). Je propose aux Femmes de montrer l’exercice à la nouvelle arrivante. Ainsi je ne dirige pas. Les visages n’ont plus la même expression mais sont toujours un peu crispés. Alors je propose de faire un SDN uniquement de la tête : « la vilaine grimace ! » Bien sûr je le fais avec elles et là elles éclatent de rire ! Je m’indigne : « quoi…vous m’avez regardé faire…la vilaine grimace…ah ba c’est du joli ! ». Nous rions toutes de bon cœur. Les femmes pratiquent et çà leur fait du bien car je vois les visages se détendrent et retrouver le sourire. Je leur propose de s’asseoir et leur demande de m’indiquer un lieu dans lequel elles aiment se promener. L’idée c’est de préparer la relaxation statique du lieu ressource. Pour l’une c’est la montagne, pour les autres, la mer et pour la dernière c’est l’Eglise. Puis une des Femmes parle…elle nous raconte un épisode très difficile de sa vie. Une atmosphère étonnement respectueuse et bienveillante règne durant ces partages. Quelques difficultés du quotidien sont abordées notamment la qualité du sommeil de chacune puis Dieu est à nouveau au cœur de la conversation. Je ne sais plus trop comment il est entré. J’ai cru comprendre que ces femmes avaient besoin de parler de leur foi et d’être entendues. L’une nous explique comment Dieu l’a aidée à traverser un épisode dramatique de sa vie. L’autre nous partage qu’elle est Musulmane et qu’elle prie avec une amie Chrétienne. Une autre ne va plus à l’Eglise depuis que son mari est mort. L’une des Femmes se sent toute illuminée en face à face avec Dieu, dans l’Eglise, elle pense à sa grand-mère qui est peut être au paradis. Ces femmes m’expliquent comment elles peuvent survivre tout en gardant de la joie et de la paix dans leur cœur. C’est très émouvant de sentir la Grâce qui les habitent, elles qui sont dans l’épreuve mais qui montrent une telle force face à la difficulté. Nous abordons le Pardon et le témoignage de chacune est une vraie richesse pour toutes. Enfin je propose de parcourir mentalement le corps afin d’en relâcher chaque partie et nous faisons venir cette image des lieux ressources. 4 lieux ressources en même temps dans un seul terpnos logos. Chacune arrive à suivre et le vit avec les sens. Certaines s’expriment tout haut sur leurs ressentis d’autres sont plus silencieuses. « Je vois les fleurs qui dansent au pied de la montagne, c’est l’Eternel » « je sens la présence de Dieu dans l’Eglise » « Je me promène et fais le sacrifice en grimpant à la montagne » Je les invite à revenir ici et maintenant et à avoir confiance dans leur ressource. L’écoute des sensations est rapide pour l’instant …çà viendra… Elles me remercient en me disant que cela leur a fait beaucoup de bien. Je les remercie du fond du cœur pour ce partage, très riche. Chacune repart avec le sourire et un peu plus légère, il me semble. La mission est réussie. Je suis comblée : quelle bénédiction ! Pour information, ce foyer depend du Secours Catholique. Emmanuelle GOUTX - Sophrologue Diplômée
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| Mise à jour le Samedi, 04 Juin 2011 14:43 |



